Installation des talents en France : le rôle stratégique du garant dans un marché locatif en évolution
Le marché locatif français connaît depuis plusieurs années une forte concurrence, en particulier dans les grandes métropoles et les zones dites « tendues ». Cette situation, largement commentée dans l’actualité immobilière, est aujourd’hui renforcée par des évolutions réglementaires majeures liées à la performance énergétique des logements.
Pour les entreprises qui recrutent ou relocalisent des talents en France, ces transformations ont un impact très concret sur l’accès au logement, les délais d’installation et, plus largement, sur l’expérience collaborateur. Dans ce contexte, la question du garant s’impose comme un élément central à anticiper.
Un cadre réglementaire qui modifie l’équilibre du marché locatif
Depuis 2025 : une offre locative plus sélective
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE) sont considérés comme non décents et ne peuvent plus être proposés à la location, conformément à la loi Climat et Résilience.
Cette mesure a entraîné une réduction mécanique du parc locatif disponible, en particulier dans les zones urbaines déjà très sollicitées. Face à une offre plus restreinte, les propriétaires reçoivent davantage de candidatures et deviennent plus attentifs à la solidité des dossiers présentés.
Dans ce contexte, la présence d’un garant est de plus en plus perçue comme un levier de sécurisation incontournable.
À partir de 2026 : une évolution attendue de la méthode de calcul du DPE
Une nouvelle étape est annoncée au 1er janvier 2026, avec une révision de la méthode de calcul du DPE. Le Gouvernement a décidé d’ajuster le coefficient de conversion de l’électricité, qui passera de 2,3 à 1,9, afin de mieux refléter la réalité du mix énergétique français, largement décarboné.
Cette évolution vise notamment à corriger la pénalisation de certains logements chauffés à l’électricité ou équipés de pompes à chaleur. Selon les estimations officielles, environ 850 000 logements pourraient ainsi sortir des classes F ou G, sans travaux, et aucun logement ne verra sa note se dégrader du fait de cette réforme.
À moyen terme, cette évolution pourrait redonner de la visibilité à une partie du parc locatif aujourd’hui contraint. À court terme toutefois, la sélectivité reste forte, et les exigences des propriétaires demeurent élevées.
Pourquoi le garant est-il si souvent exigé en France ?
L’exigence du garant peut surprendre, en particulier pour des salariés disposant d’un contrat stable et d’un niveau de revenus confortable. Elle repose pourtant sur des mécanismes bien spécifiques au système locatif français.
1. Un outil de sécurisation financière pour le propriétaire
Le garant est une personne physique ou morale qui s’engage contractuellement à régler le loyer et les charges en cas de défaillance du locataire.
Le droit locatif français protège fortement les occupants. En cas d’impayés, les procédures peuvent être longues pour le propriétaire. Le garant constitue donc un mécanisme de sécurisation des revenus locatifs, particulièrement apprécié dans un marché concurrentiel.
2. Une réponse aux parcours professionnels de plus en plus mobiles
Même avec un dossier solide, la situation d’un locataire peut évoluer :
- période d’essai ou changement d’employeur,
- séparation ou événement personnel,
- fin anticipée de mission,
- retour imprévu à l’étranger.
Pour les propriétaires, le garant permet d’anticiper ces situations et de limiter leur exposition au risque.
3. Un critère de sélection renforcé dans les zones à forte demande
À Paris, Lyon, Bordeaux, Lille ou encore dans certaines zones frontalières, la demande dépasse largement l’offre. Les bailleurs reçoivent souvent de nombreux dossiers pour un même logement.
Dans ce contexte, la présence d’un garant devient un critère de sélection déterminant, au même titre que le niveau de revenus, la stabilité professionnelle ou l’historique locatif.
4. Un frein fréquent pour les talents internationaux et nouveaux arrivants
Pour les expatriés, impatriés ou salariés récemment installés en France, plusieurs éléments peuvent compliquer l’accès au logement :
- absence d’historique locatif français,
- contrat de travail récent ou période d’essai en cours,
- revenus perçus à l’étranger,
- méconnaissance des pratiques locales.
Le garant permet alors de compenser le manque de références locales et de rassurer le bailleur.
5. Garant ou assurance loyers impayés : un choix du propriétaire
Le propriétaire peut opter soit pour un garant, soit pour une assurance loyers impayés (GLI). De nombreux bailleurs privilégient le garant, car il est simple à mettre en place, sans coût mensuel, et repose sur un engagement direct.
En principe, ces deux dispositifs ne sont pas cumulables, sauf exceptions spécifiques, notamment pour les étudiants.
6. Des alternatives de plus en plus utilisées
Lorsque le salarié ne dispose pas de garant personnel en France, plusieurs solutions existent :
- Visale, dispositif public gratuit sous conditions,
- garanties privées (Garantme, Cautioneo, Smart Garant, etc.),
- solutions proposées par l’employeur dans le cadre d’une mobilité professionnelle.
Ces dispositifs jouent aujourd’hui un rôle clé pour fluidifier l’accès au logement, en particulier pour les profils internationaux.
Un enjeu à anticiper pour les entreprises et les RH
Dans un marché locatif marqué par des évolutions réglementaires successives et une concurrence accrue, le garant est devenu un élément structurant du parcours logement en France.
Pour les entreprises, l’anticipation de cette exigence permet :
- de sécuriser les délais d’installation,
- de limiter les situations de blocage à l’arrivée,
- d’améliorer l’expérience collaborateur,
- et de garantir une prise de poste sereine.
Chez MMC, nous accompagnons les entreprises et leurs talents internationaux en intégrant les réalités du marché et les évolutions réglementaires dès la préparation des mobilités.
Notre objectif : transformer un environnement complexe en un parcours logement fluide, sécurisé et efficace.