Mobilité internationale en France : les évolutions à retenir pour la rentrée 2026
Après la pause estivale, la rentrée est souvent l’occasion pour les équipes RH et Global Mobility de faire le point sur les dossiers en cours, mais aussi sur les évolutions réglementaires susceptibles d’avoir un impact sur les prochaines mobilités.
Immigration, recrutement de salariés étrangers, mobilité intragroupe ou encore logement : plusieurs actualités de ces derniers mois méritent d’être intégrées aux réflexions des entreprises qui accompagnent des collaborateurs internationaux en France.
Voici les principaux points à retenir pour cette rentrée 2026.
Mobilité longue durée : de nouvelles étapes à anticiper, selon le titre de séjour
Depuis le 1er janvier 2026, la première demande de certains titres de séjour de longue durée est soumise à de nouvelles exigences en matière de maîtrise du français et de connaissances civiques.
Pour les personnes concernées par une première demande de carte de séjour pluriannuelle ou de carte de résident, la réussite à un examen civique est désormais requise. Le niveau de français demandé dépend du titre sollicité : A2 pour une première carte de séjour pluriannuelle et B1 pour une première carte de résident.
Ces nouvelles exigences ne s’appliquent toutefois pas aux titulaires d’une carte Talent ou d’une carte salarié détaché ICT pour la délivrance de ces titres, ces catégories étant dispensées du contrat d’intégration républicaine (CIR).
Ils peuvent en revanche être concernés ultérieurement par ces exigences s’ils souhaitent, par exemple, demander une carte de résident, selon les conditions applicables à cette demande.
Pour les équipes RH et Global Mobility, l’enjeu est donc de raisonner sur le parcours de mobilité dans sa durée, et pas uniquement sur le premier titre obtenu à l’arrivée en France.
Recruter un salarié étranger : un nouveau guide pour les employeurs
Le 26 mai 2026, la Direction générale des étrangers en France a publié un nouveau livret d’information consacré à la vérification préalable à l’embauche d’un salarié étranger en France.
Ce guide ne crée pas une nouvelle obligation pour les employeurs : il vient surtout rappeler et structurer les démarches à effectuer pour vérifier le droit au travail d’un salarié étranger, avec des repères pratiques sur les différentes étapes et les outils disponibles.
Un point pratique mérite notamment d’être retenu : sauf exceptions, l’employeur doit demander à la préfecture du département dans lequel l’établissement employeur a son siège de vérifier l’authenticité du titre autorisant le travail au moins deux jours ouvrables avant la date effective de l’embauche. En l’absence de réponse dans ce délai, l’obligation de vérification est considérée comme accomplie.
Cette vérification est à distinguer d’une éventuelle demande d’autorisation de travail, qui constitue une démarche différente et qui dépend notamment du titre de séjour et de la situation du salarié.
Pour les entreprises qui recrutent régulièrement des profils internationaux, ce rappel est particulièrement utile : la sécurisation d’une mobilité professionnelle commence avant l’arrivée du collaborateur et nécessite une bonne coordination entre les équipes RH, recrutement et mobilité internationale.
Mobilité intragroupe : distinguer le Talent – Salarié en mission du salarié détaché ICT
Les mobilités au sein d’un même groupe peuvent relever de dispositifs différents selon la manière dont le transfert est organisé.
Le titre Talent – Salarié en mission, qui s’inscrit dans la catégorie des titres Talent – Salarié qualifié, concerne notamment les collaborateurs transférés au sein d’un même groupe lorsque le contrat de travail est conclu avec l’entité française. Le salarié doit notamment justifier d’une ancienneté minimale de trois mois au sein du groupe et respecter les conditions de rémunération applicables. Le titre peut être délivré pour une durée allant jusqu’à quatre ans et est renouvelable.
À l’inverse, le dispositif salarié détaché ICT permet à un collaborateur de conserver son contrat de travail avec son employeur établi à l’étranger pendant sa mission en France. Il est notamment destiné aux profils occupant des fonctions d’encadrement supérieur ou d’expertise et suppose une ancienneté minimale de six mois au sein du groupe. Le titre est délivré pour la durée de la mission, dans la limite de trois ans, et n’est pas renouvelable dans le cadre de ce dispositif.
La distinction entre ces deux cadres est donc essentielle dès la préparation du projet de mobilité : contrat français ou contrat étranger maintenu, durée de la mission, ancienneté, fonctions exercées et niveau de rémunération sont autant d’éléments qui permettent d’identifier le dispositif adapté.
Pour les entreprises internationales, cette qualification en amont permet également d’anticiper plus précisément les démarches d’immigration et les conditions d’arrivée du collaborateur en France.
Logement : l’encadrement de l’évolution des loyers prolongé
Le marché du logement reste un enjeu central des mobilités internationales, particulièrement dans les zones où l’offre locative est limitée.
Le décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 prolonge jusqu’au 31 juillet 2027 les règles encadrant l’évolution de certains loyers en zone tendue. Ces dispositions s’appliquent notamment, dans les situations concernées, lors d’une relocation ou du renouvellement d’un bail. Elles sont entrées en vigueur le 1er août 2026.
Cette mesure doit être distinguée de l’encadrement du niveau des loyers, qui fixe dans certaines communes des plafonds de loyer à ne pas dépasser. Il s’agit ici de limiter l’évolution de certains loyers dans les zones concernées, selon les situations prévues par la réglementation.
Pour les entreprises qui accompagnent leurs collaborateurs dans leur recherche de logement, cette distinction est importante : au-delà du budget prévu pour la mobilité, il est nécessaire de tenir compte des règles applicables au bien recherché et au type de location envisagé.
Dans un contexte de marché locatif toujours tendu, la connaissance du marché local et l’anticipation des démarches restent ainsi des facteurs clés pour faciliter l’installation d’un collaborateur international.
Une rentrée placée sous le signe de l’anticipation
Ces différentes évolutions illustrent une même réalité : une mobilité internationale se prépare bien au-delà de l’arrivée du collaborateur en France.
Le titre de séjour à solliciter, le droit au travail, le cadre applicable à une mobilité intragroupe, les prochaines échéances administratives ou encore les contraintes du marché immobilier sont autant de paramètres à prendre en compte dès la préparation du projet.
Pour les équipes RH et Global Mobility, cette rentrée 2026 est donc l’occasion de remettre à jour les process internes et de vérifier que chaque collaborateur bénéficie d’un accompagnement adapté à sa situation.
Chez Management Mobility Consulting, nous accompagnons les entreprises et leurs collaborateurs dans leurs projets de mobilité internationale, de la préparation du départ jusqu’à l’installation en France et aux différentes démarches administratives.
Sources :
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Ministère de l’Intérieur – Direction générale des étrangers en France : L’examen civique pour demander un titre de séjour Consulter la source
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Ministère de l’Intérieur – Direction générale des étrangers en France : Vérification préalable à l’embauche d’un salarié étranger en France – Livret d’information destiné aux employeurs, 26 mai 2026
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Légifrance – Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, notamment les articles relatifs aux titres Talent et salarié détaché ICT
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Légifrance – Article L.421-26 du CESEDA, relatif à la carte « salarié détaché ICT »
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Légifrance – Décret n° 2026-644 du 20 juillet 2026 relatif à l’évolution de certains loyers
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Légifrance – Décret n° 2017-1198 du 27 juillet 2017, dans sa version applicable du 1er août 2026 au 31 juillet 2027